24 de May de 2024
Annick Becerra
Supplements

Annick Becerra

Sep 1, 2023

A côté des denrées alimentaires, nous trouvons au Radis des produits de ménage, d’hygiène et autres. Depuis un certain temps j’utilise les lingettes de Recyclosphère et j’ai eu envie de découvrir la personne qui est porteuse de ce projet. C’est ainsi que je me suis retrouvée à partager un verre d’eau chez Annick Becerra Monnier par un jour de canicule.

 

Si La Recyclosphère (https://recyclosphere.ch/) existe depuis deux ans, tout a démarré pour elle bien avant.  En 2008/2009 la prise de conscience d’à quel point les plastiques étaient nuisibles mit en route un cheminement qui n’a fait qu’évoluer, autant au niveau de sa vie privée que de son activité professionnelle. Elle se souvient encore de l’impact que l’expo « Coup de sac » au MUDAC à Lausanne a eu sur elle. (Voici un lien si vous voulez en savoir plus : https://mudac.ch/expositions/coup-de-sac/). C’est pendant cette période qu’est née sa première marque, Les Plastiques d’Annick. De manière progressive le plastique n’a plus été sa seule matière à recycler. Du coup le nom devenait trop restrictif et c’est pourquoi au fur et à mesure que la palette de matériaux s’élargissait, le nom de Recyclosphère s’est imposé.

 

Sa progressive prise de conscience de l’urgence environnementale a été le déclic d’un cheminement qui soutient son engagement pour limiter l’impact nuisible dans sa manière de fonctionner. Elle décrit le processus « comme le fait de commencer à tirer sur le fil d’une pelote de laine et au fur et à mesure que celle-ci se déroule la prise de conscience évolue. On voit les différents registres impliqués dans ce besoin de respecter notre environnement et les choix se peaufinent. »

 

Actuellement, elle habite avec sa famille près de la gare de Monthey. Ils ont renoncé à la voiture et se déplacent en train ou à vélo. Pour elle, tant que l’on n’a pas l’information, que l’on n’est pas conscients de ce qui se passe à au niveau environnemental, c’est compréhensible que l’on n’agisse pas. Au fur et à mesure que l’on devient conscients: le plastiques dans les océans, les microplastiques que nous ingérons, la quantité d’eau que requiert la fabrication de tissus en coton, les transports de matières qui vont d’un bout à l’autre du monde, etc… Face à l’état d’urgence actuelle, elle ne conçoit pas de ne pas faire des choix responsables, ne pas agir n’est plus possible.

 

Je constate aussi chez elle ce qui caractérise une passion qui devient un métier. Au début, son activité de crocheter du plastique était pour elle puis elle l’a élargie à ses proches, ses ami.e.s. Elle découpait les sacs en lamelles et des objets crochetés naissaient.  Ensuite, elle commença à vendre. Aujourd’hui les matériaux à recycler vont bien au-delà des sacs en plastique : des toiles de parapente, des parapluies, des tissus de vêtements qui ne sont plus portés, des sacs utilisés pour transporter du malte, tout ce qui potentiellement peut se coudre, se découper ou se crocheter fait l’affaire. Les visites dans les magasins de seconde main lui permettent de trouver des tissus sans avoir à en acheter de nouveaux.

 

Il lui arrive de réceptionner des objets multiples et variés afin d’être transformés pour que le matériel ait une deuxième vie. Par exemple : quelqu’un étant attaché à une vieille robe et celle-ci ne pouvant plus être portée, elle pourra avoir un fil de continuité en devenant un nouvel objet qui fera partie de la vie quotidienne de la personne.

 

Par son habileté artisanale, Annick fait apparaître de multiples sacs, des lingettes, des trousses et autres. Son assortiment s’étoffe par la combinaison de sa créativité et de ses recherches sur internet. Elle y trouve souvent des solutions techniques qui rendent possible ses inspirations. Elle adore les challenges et surtout les résoudre, bien qu’il y ait eu aussi des idées qui finalement n’ont pas abouti. Ça fait partie de l’aventure.

 

Annick propose aussi des ateliers. C’est là que les personnes découvrent, entre autres le temps que ça demande de fabriquer un objet avec des sacs en plastique. Son message pour les membres de la coopérative : bien réfléchir autant avant d’acheter que de jeter, d’imaginer comment on pourrait réutiliser, recycler, transformer. Elle fait appel à la créativité individuelle et conseille d’explorer aussi les ressources du « comment faire » sur internet. Elle trouve que plein de personnes partagent généreusement des idées très utiles.

 

Et elle rêve du jour où le plastique n’existera plus !

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